Veste Cairngorm de WestWinds

Un article de Wiki Vie Sauvage et Survie.


Revue de la veste ventile Cairngorm de chez WestWinds par Criss Kenton :

Depuis que je l’ai reçue, j’ai pu la tester en conditions, sous plusieurs types de précipitations allant de la petite bruine à la copieuse averse. J’ai surtout pu donc tester son comportement sur le terrain, notamment pendant plusieurs jours de pluie d’affilée.

Premier constat : la veste est parfaitement imperméable, que ce soit sous une petite pluie persistante ou une averse d’orage. L’eau n’a jamais traversé, ni au niveau des coutures, ni au niveau des épaules, malgré le poids du sac et les bretelles gorgées d’eau.

Sous une pluie de courte durée, le Ventile se comporte comme une membrane déperlante, à l’instar d’une soft-shell. Il suffit de secouer la veste pour évacuer les gouttelettes.

Sous une pluie plus soutenue ou de longue durée, le Ventile commence à s’imbiber. Les fibres gonflent jusqu’à ce que la trame devienne imperméable. Selon moi, l’efficacité est équivalente à celle d’une veste imper synthétique à membrane en terme d’imperméabilité et de respirabilité. Néanmoins, le comportement est différent. Avec le Ventile, je n’observe pas d’ « effet rigole », c'est-à-dire que je ne me retrouve pas avec toute l’eau drainée vers les cuisses ou les fesses, comme c’est le cas avec un K-Way par exemple. Ça c’est super agréable. Le revers de la médaille est le gain de poids généré par l’humidité absorbée, et l’aspect carton que prend le Ventile une fois imbibé. Pour le coup, une fois mouillée, la veste n’est pas plus silencieuse que son pendant synthétique.

Pour ce qui est de l’effet coupe-vent du Ventile, je ne peux pas vraiment me prononcer. Cette veste possède un bon pouvoir coupe-vent, mais cela est en partie dû aux poches pectorales et ventrales, ainsi qu’aux manches doublées en nylon. Vu l’aspect du Ventile une fois imbibé et donc « imperméabilisé », je dirais que l’effet coupe-vent est loin d’être négligeable.

J’ai pu tester la Cairngorm pendant quatre jours de pluies d’affilée, ce qui inclut le séchage sur le terrain. Eh bien honnêtement, je suis agréablement surpris par la rapidité de séchage du Ventile en conditions pourries. Quelles que soient les conditions dans lesquelles je l’ai laissée sécher — en vrac sur le sac, en vrac dans le sac, étendue sur le sursac ou suspendue à un balais — il n’aura suffi que d’une nuit pour que le tissu soit parfaitement sec. Mise au soleil ou gardée sur soi, la veste sèche encore plus rapidement.

Au bout de 15 jours la veste était un peu sale : boue, traces de sel, bave de limace. L’occasion de tester le lavage à la main : lavage dans le lavabo, à l’eau tiède avec savon de Marseille et brosse à ongle. Rien de plus facile. Mise à sécher, le lendemain elle était comme neuve. Pratique. Remarque : le Ventile absorbe peu les odeurs. Bien qu’elle ai été laissée humide et en vrac plusieurs fois, qu’elle ait servi d’oreiller, traîné dans la forêt, la boue, etc., ma veste était parfaitement inodore.

L’ « architecture de la veste » me convient parfaitement. La coupe est suffisamment basse pour offrir une bonne protection de l’aine et des fesses. Les poches frontales restent parfaitement accessibles malgré le port du sac. Vu qu'elles sont quasiment étanches avec leur intérieur en nylon, c’est parfait pour y ranger la carte. La capuche est super modulable et permet même le port du chapeau, bien que je préfère porter ce dernier seul à cause de l’effet tunnel auditif induit par la capuche. Je l’ai portée la plupart du temps au dessus d’un t-shirt synthétique et aucun problème au niveau de l’aisance, du confort, pas d’irritations, RAS.

Franchement, je suis plus que satisfait de cette veste. Elle constitue une bonne réponse au cahier des charges que je m’étais fixé.

Néanmoins, elle est loin d’être parfaite :

Le point noir réside dans la respirabilité. Cette dernière reste acceptable, mais l’effet d’étuve se fait vite sentir, la faute en grande partie aux doublures nylon. En effet, le port du sac recouvre toutes les parties en simple Ventile alors que restent exposées les parties doublées nylon (torse et bras). On peut toujours y remédier en ouvrant le zip et en desserrant les poignets, mais c’est loin d’être suffisant par temps chaud. Personnellement, je ne vois pas trop l’intérêt d’avoir doublé intégralement les manches. Une simple couche de Ventile suffit. Idem pour les poches, c’est bien d’avoir des poches 100% imperméables, mais pour le coup, ça fait deux couches de nylon, plus une couche de Ventile au niveau du torse, on a vu mieux… Il aurait été également judicieux de doubler les poches en Ventile, l’efficacité n’aurait pas été tellement différente. De plus, avec des poches en nylon, si de l’eau rentre, elle y reste. La veste aurait également gagné à être pourvue de zips sous les aisselles, rien que cela contribuerait grandement à régler le problème de la respirabilité.

Conclusion : le Ventile n’est pas un produit miracle. Comme pour tout, il est idéal pour certaines conditions, pas recommandé pour d’autres.

Pour du long cours, c’est une solution qui me convient parfaitement. Malgré le prix, c’est un matériau low-tech, pas prise de tête, facile à entretenir sur le terrain et agréable à porter.