Toile de Grenfell ou de Byrd, Ventile, Etaproof et assimilés

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Sommaire

Introduction

Le toile de Grenfell est une gabardine de coton aux fibres longues. Le tissage est double retors et très serré.

Ce coton est une alternative aux membranes et aux synthétiques. Il permet de faire une couche extérieure coupe-vent, peu inflammable, résistante à la déchirure et largement imperméable tout en restant relativement respirante. Ses performances sont moins sensibles à la saleté (huiles) que les membranes. Le ventile est aussi plus silencieux que la plupart de celles-ci. Le tissage étant très dense, la protection contre les moustiques est très bonne. Des retours d'utilisateurs sont disponibles dans les articles sur le Smock S.A.S.S et sur la veste Cairngorm de WestWinds.

"Ventile" est une marque déposée. Les dénominations "toile de Grenfell", "toile de Byrd" et "Etaproof" désignent des produits sensiblement similaires.


Sélection de vêtements en toile de Grenfell et assimilés


Contextes d'utilisation de la toile de Grenfell

Expéditions

Dans le domaine de la montagne et des activités de plein air il est généralement admis que le fait de porter du coton en couche interne ou externe est synonyme de prise inconsidérée de risque, car cette matière aussi vieille que la civilisation s'avérerait — selon l'avis de l'industrie des vêtements de sport — totalement inadaptée à protéger de la pluie et du vent. "Cotton kills" (le coton tue) est d'ailleurs un dicton souvent cité en Amérique du Nord où les vêtements en fibres synthétiques avec membranes imper respirantes représentent la quasi-totalité du marché. Or, il n'en a pas toujours été ainsi et il est peut être nécessaire de rappeler que la plupart des sommets de la planète ont été vaincus par des alpinistes portant des anoraks en coton et qu'aujourd'hui encore de nombreuses expéditions polaires continuent à s'équiper de la sorte. Voici une liste non-exhaustive des expéditions britanniques ayant porté des vêtements en toile de Grenfell :

  • Expédition de l'Université d'Oxford en Terre d'Ellesmere, 1934/5
  • Expédition Britannique à la Terre de Graham, 1934/7
  • Expédition Americano Britannique en Himalaya, 1936
  • Expédition Britannique au Groenland Ouest, 1949
  • Expédition Géologique de l'Université de Sheffield au Kilimanjaro, 1953
  • Expédition du "Daily Mail" à la recherche de l'Abominable Homme des Neiges, 1954
  • Expédition Britannique en Géorgie du Sud, 1954
  • Expédition de l'Université de Cambridge en Afghanistan, 1955
  • Expédition internationale au Spitzberg & Nord du Groenland, 1956
  • Expédition du Yorkshire en Himalaya, 1957
  • Expédition Militaire Pakistano-Britannique en Himilaya, 1958
  • Expédition Britiannique sur les traces d'Hannibal, 1959
  • Expédition de l'Université d'Oxford dans les Andes, 1960
  • Expédition Dhaula 4 dans l'Himalaya, 1962
  • Expédition Britannico Soviétique au Pamir, 1962
  • Expédition Transaméricaine de l'Université de Cambridge, 1962...

Il existe aussi de nombreuses vestes de safari en toile de Grenfell.

Usage militaire

  • en 1944 le Général Mac Arthur donne un avis favorable à l'utilisation du "Grenfell Cloth" dans la jungle: "Tests démontrent uniformes sont plus légers mouillés comme secs, plus faciles à laver sur le terrain et absorbent moins d'humidité et de sueur. STOP."
  • Selon Cresson H. Kearny, un vétéran américain interrogé par Shelby L. Stanton, l'auteur de "US Army Uniforms of World War Two" en 1990, "Les uniformes et les plus agréables par temps chaud et les meilleurs jamais portés par des soldats américains étaient ceux taillés dans de la toile de Byrd (le nom sous lequel la toile de Grenfell était connue aux États-Unis), testés au combat par la Task Force Mars du Général Stilwell progressant durant des centaines de kilomètres à travers la jungle, durant la campagne contre les Japonais en Birmanie". Kearney qui avait fait partie des tests au Panama trouvait son uniforme frais, confortable et résistant aux moustiques. Ces impressions ont été validées par différentes campagnes de tests réalisées par l'armée Américaine en grandeur nature du Panama aux Îles du Pacifique, mais le Grenfell (Byrd) ne fut finalement pas adopté devant l'impossibilité de produire cette étoffe en grandes quantités. Source et informations complémentaires
  • les forces armées britanniques utilisent le ventile pour la confection des combinaisons d'immersion des pilotes de l'aéronavale.
  • Smock Néo-Zélandaise en Ventile de fabrication artisanale, il en existait également des réglementaires.
  • voir aussi Wikipedia au sujet des vêtements en "Grenfell" ou "Byrd cloth" expérimentés pour le combat en jungle : "In 1943, after extensive testing in the swamplands and jungles of Florida and Panama, the U.S. Army determined that an experimental tropical uniform made of Byrd Cloth (in Britain, Grenfell Cloth), would best protect soldiers from insects and disease while cooling the body and minimizing losses from perspiration.Byrd Cloth, as used in the Experimental Tropical Uniform, was a single-layer uniform of untreated OD long-staple Egyptian cotton, made in a tightly woven herringbone twill to prevent penetration by the probosces of female mosquitoes. In use, the uniform was intended to cool the wearer even when continuously wetted, as might be expected in a humid, rainy jungle environment."


Historique

C'est en 1922 que tout a réellement débuté lorsque Walter Haythornthwaite, le propriétaire d'une usine textile à Burnley assiste à une conférence donnée par Lord Grenfell, un célèbre explorateur du Grand-Nord Canadien. Celui-ci se plaint de ne pas avoir encore trouvé l'étoffe idéale pour confectionner des vêtements adaptés aux rigueurs du climat qu'il rencontre.

"L'étoffe idéale pour les missionnaires du Labrador", déclare Grenfell, "devrait être légère... car les déplacements se font toujours à pied en suivant les attelages de chiens. Elle doit être solide, car une fois sur la Piste, la vie de son utilisateur en dépendra. Elle doit protéger des effets du climat, être à l'épreuve de la pluie comme de la neige, ainsi qu'à l'épreuve du vent pour permettre de conserver la chaleur corporelle de celui qui la porte. Mais avant tout, elle doit permettre à l'humidité du corps de s'échapper".

Pour Walter Haythornthwaite, il s'agit là d'un défi qu'il mettra plus d'une année à surmonter mais le résultat de son travail surpasse même les attentes de Lord Grenfell qui juge la toile produite par Haythornthwaite & Sons "légère, résistante et avec une très belle main. C'est pour nous un véritable succès et nous pensons que le public devrait être mis au courant de cette réalisation, il vous en serait redevable."

Quand il fut envisagé de trouver un nom à cette toile, Lord Grenfell suggéra de l'appeler Grenfell Cloth (Toile de Grenfell) et dans une lettre adressée à Walter Haythornthwaite, il fit part des observations suivantes: "Nous utilisons les vêtements en toile de Grenfell constamment, à bord de nos bateaux, sur nos traîneaux ou dans nos véhicules à moteur. Ils ne s'usent pas et nous en faisons la publicité tout autour de nous."


Fabrication

La toile de Grenfell, la Toile de Byrd (le nom sous lesquel la toile de Grenfell était connue aux États-Unis), le Ventile (appelation récente remontant aux années 70 suite à la fermeture des filatures T.Haythornthwaite & Sons Ltd qui tissait le Grenfell) et l'Etaproof (marque propriété des filatures Stolz) semblent être en gros la même chose ; à savoir des gabardines de coton de type Oxford réalisées par des artisans hautement spécialisés, sur des métiers à tisser anciens et avec un matériau de première qualité (généralement les meilleures qualités de cotons à fibres longues de qualité Pima (USA) ou Egyptiens, des paramètres qui ne correspondraient qu'à 2% de la production cotonnière mondiale).

Ces fibres de coton de grande longueur sont d'abord filées lentement puis doublées avant d'être tissées sur un métier spécial nécessitant 16 heures de préparation, car un lé (largeur d'étoffe) contiendrait plus de 24 000 fils. Il semblerait qu'un fil sur deux soit moins serré ce qui permettrait aux "mailles" du tissu de se resserrer au contact d'une pluie persistante et d'en bloquer ainsi le passage.

Image:Grenfell_weave.jpg

Puis l'étoffe doit probablement par la suite bénéficier d'un traitement mécanique et peut-être chimique pour certaines productions (mercerisation puis passage dans un bain d'Alkali ou d'une solution à base de PFTE).

Le résultat est une étoffe très serrée et légère, légèrement moirée et qui présente des qualités intrinsèques de déperlance et de relative imperméabilité au vent, à la pluie et à la neige... tout en étant anti-feu et très respirante.

Sources