Nos Partenaires

Auteur Sujet: BRF  (Lu 4732 fois)

22 juin 2011 à 14:37:46
Lu 4732 fois

fractus


BRF
De quoi s’agit il ?

En théorie, d’un broyat de branches vivantes et non de troncs ou de bois secs qui sont moins riches en nutriments. Le bois est de préférences dormant donc coupé l’hivers. Les fragments font entre 2 et 5 cm3. Les résineux doivent être minoritaires <20% du total car leur propriété « allélopathiques » gène le développement de la vie du sol.
En pratique certain utilise le  branches avec des  feuilles, on broie des branches de diamètre inférieur à 7 cm mais cette limite est arbitraire (il faut savoir que la concentration en nutriment décroît au fur et à mesure que le diamètre des branches augmente)
Le Brf avec pré compostage à froid donnerait des bons résultats.

Ce que montre les études réalisées :
Points positifs
-Il enrichit le sol en matière organique.
-Il stimule l’activité biologique et en particulier fongique.
-Il améliore la disponibilité des nutriments à moyen terme.
-il a un effet favorable sur les propriétés physiques et hydrologiques du sol.
-Il améliore les rendements à partir de la deuxième année

Points négatifs :
-Immobilisation de l’azote et du phosphore la première année.
-baisse des rendements la première année surtout sur sol sableux
-Pas d’effets clairement décisifs prouvés par rapport aux apports herbacés.

Ces infos sont tirés de cette conférences.
http://colloquebrf.enfa.fr/brf-it002.php

Une expérience réalisée au burkina fasso: http://colloquebrf.enfa.fr/diaporamas-brf/maraichage/Zongo.pdf
C'est assez détaillé et facile et rapide à lire.

22 juin 2011 à 14:42:11
Réponse #1

fractus


J'ai vu grâce à google que certain avait déjà testé le Brf si le cœur vous en dit je serais ravi de lire vos retours d'expérience.

22 juin 2011 à 15:44:24
Réponse #2

mrmagoo


Énorme fil de discussion sur le BRF ici: http://www.aujardin.org/brf-bilan-une-saison-t76174.html
Pas mal d'infos à en tirer, sous condition de les vérifier.
Une citation en provenance du fil suivant:http://www.aujardin.org/brf-pas-miracle-des-ecueils-t103196.html
Citer
A propos des difficultés qu'on rencontre avec le BRF, je colle ici cette réponse que fait l'agronome Konrad Schreiber à un utilisateur de BRF désappointé par les résultats très médiocres (mauvais rendements, invasions de rongeurs, mauvais développement des champignons) de son expérience en sol lourd et humide et très dégradé auparavant par des pratiques de jardinage traditionnelles (labour, chaulage et fertilisation).
On s'aperçoit que la réponse a apporter est très subtile et demande de la patience...

-Règles n°1
Sur quoi j'étale le BRF ? Sol morts ou vivants ?
1) sols morts issus des approches traditionnelles: travail du sol et sol nu + chaulage et fertilisation. Ceci conduit à détruire le gîte (les habitats écologiques) et le couvert (la nourriture). Le changement de pratiques se solde a) par de la compaction b) le retour de la vie, c) il faut 5 ans de transition (c'est le rythme naturel d'installation, notamment des vers anéciques)
2) Le sol vivant: effet de dégradation du BRF et d'aggradation des sols rapides = 3 mois (mesuré chez des agriculteurs en TCS et SD de l'association)

-Règle n° 2
le sol est il humide et hydromorphe ?
L'épandage en plein hiver de 3 cm de BRF sur ce genre de sol se solde par une imperméabilisation de la surface du sols. Il se crée une compaction et une asphyxie très préjudiciable. La seule zone améliorée est celle (qq cm) autour de la couche de dégradation avec le contact sol / BRF
Résultat, rien ou peu de choses poussent !
Action : mettre très peu de BRF (- 1 cm) et compléter avec des paillages (qui ne se prennent pas en masse comme le BRF trop finement broyé au contact de l'humidité + dessiccation quant revient le soleil)
Dans votre jardin, le BRF joue un rôle de capteur d'eau et d'éponge sur un sol froid et humide gorgé d'eau au préalable et sans vie : Compaction et asphyxie assurées, ce que savent parfaitement les taupes et campagnols qui vont réaliser un drainage aérateur et se nourrir dans la zone de semis. De plus, leur travail est facile puisque l'habitat est protégé (3 cm de BRF et pas de travail). Les animaux qui se déplacent vite vont se mettre à l'abris ou c'est plus facile de survivre = concentration de ravageurs

-Règle n° 3
Apports de carbone = blocage d'azote
L'azote est utilisé pour l'humification du bois. Le sols est mal en point (sans vie) et sans doute hydromorphe (sans air). Il ne respire pas et se compacte. La dynamique de minéralisation est absente = pas de croissance des plantes possibles car a) compaction, b) asphyxie, c) pas d'air, d) les ravageurs) e) pas de minéralisation.
Aucune plante ne peut se développer dans un tel sol.

-Règle n°4: désherbage
Apporter de petites quantités en situation difficile et incorporer en surface et rajouter un paillage.
Le carbone du bois produit de l'humus au cours de l'humification . La quantité de nitrate réorganisée dans le sol est de l'ordre de 70 % des quantités disponibles. La suppression des nitrates empèche la prolifération des plantes adventices nitrophiles et le paillage (3 cm de BRF) garde le sol propre car il supprime l'accès à la lumière (pas de levée de dormance).
Chez vous, il s'agit de rattraper le système et de croiser les techniques. Moins de BRF et plus de paille. Incorporation superficielle du 1er (BRF) et rien pour le second (paille en paillage). Il s'agit de construire un sol vivant. Les champignons dégradent le bois et les vers de terre préfèrent la paille. Les champignons aggradent et les vers de terre aèrent et mélangent (creusement de galerie et bioturbation). ensuite les bactéries font leur travail de minéralisation.


Il s'agit de corriger le tir. L'automne est la période la plus favorable.

Règle n° X,Y
L'activité biologique ne se développe en 1er que autour des racines vivantes. Il faut donc commencer par semer un couvert végétal (moutarde ou autre, mais aussi légumineuse) en été pour accompagner la construction du système biologique vivant. Les plantes échangent de la sève élaborée avec les organismes vivant du sol. Plus vous aurez de plantes en couverture (en plus de tout le reste = un peu de BRf et de la paille) plus vite vous récupèrerez vos sols.

a) je mélange 1 peu, b) je sème en été, c) je paille, d) je laisse passer l'automne et l'hiver, au besoin je fume un peu en surface car la pluie fera descendre la fertilisation sans travail. Puis je commence à planter et semer au printemps quand le sol est ressuyé et à 8/10 °c
« Modifié: 22 juin 2011 à 17:23:56 par mrmagoo »
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

22 juin 2011 à 17:41:23
Réponse #3

dolgan


sur le papier, ça marche très bien. Mais jamais vu en vrai.

Citer
Le Brf avec pré compostage à froid donnerait des bons résultats.

je connaissais pas ce terme, j'ai fais une petite recherche. le pré-compostage apporte-t-il une valeur ajoutée?

de ce que j'ai compris, ça ne sert qu'à:
- stocker le BRF.
- raccourcir le temps de décomposition du BRF dans le sol (pas la durée totale de décomposition). ça peut servir la première année uniquement.

De mémoire, en premier cycle, le BRF peut être utilisé en pailli avant d'être enfoui. ça correspond de fait à un précompostage à froid mais en plus ça limite les "mauvaises herbes"  et permet de garder un peu de fraicheur et d'humidité.


Citer
-Pas d’effets clairement décisifs prouvés par rapport aux apports herbacés.
pas compris. tu peux m'expliquer?

22 juin 2011 à 18:29:49
Réponse #4

mrmagoo


Citer
sur le papier, ça marche très bien.
Sauf que suivant les témoignages, les effets peuvent varier selon les circonstances, le type de sol, époque de l'épandage, utilisation de brf ou de compost de brf, type de culture semblant être les principales variables à prendre en compte.
Témoignage d'un maraicher professionnel mettant en relief le problème du manque d'azote de la première année:
http://www.lespaniersverts.be/2008/07/16/le-point-sur-notre-experimentation-brf/
Citer
le pré-compostage apporte-t-il une valeur ajoutée?
Il me semble que ça permet de palier justement ce manque d'azote, le mycélium des champignons (qui pompent l'azote disponible) se développant lors du compostage. Mais dans ce cas je crois que la matière perd de son intérêt dans le cadre d'une utilisation en paillage, vu qu'elle perd une partie des propriétés qui lui permette de faire un paillage efficace (protection contre l'évaporation et limitation de la croissance des mauvaises herbes). Ça revient à épandre de l'humus.
edit: un autre document sur l'utilisation du brf: http://andre.emmanuel.free.fr/brf/articles/brf-cjpm.pdf
« Modifié: 22 juin 2011 à 18:45:57 par mrmagoo »
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

22 juin 2011 à 20:33:07
Réponse #5

fractus


Mais dans ce cas je crois que la matière perd de son intérêt dans le cadre d'une utilisation en paillage, vu qu'elle perd une partie des propriétés qui lui permette de faire un paillage efficace (protection contre l'évaporation et limitation de la croissance des mauvaises herbes). Ça revient à épandre de l'humus.
edit: un autre document sur l'utilisation du brf: http://andre.emmanuel.free.fr/brf/articles/brf-cjpm.pdf

Selon la vidéo le brf précomposter serait recouvert par une couche de brf donc pas de soucis en ce qui concerne le paillage.

22 juin 2011 à 21:45:05
Réponse #6

mrmagoo


Synthèse vite fait:
A la différence du compost qui sert à introduire un équivalent de l'humus ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Humus ) qui va durer une saison, le BRF vise d'abord à introduire de l'humus à durée de vie plus longue, équivalent à celui qu'on trouve dans les forets, l'intérêt de celui ci résidant dans les champignons microscopiques se nourrissant en partie de la décomposition du bois et étant apte à vivre en symbiose avec les plantes(ces micro organisme fournissent des micro éléments aux plantes qui en échange leur fournissent des sucres).
On pourrait dire que ce n'est pas tant le produit fini qui compte que les acteurs de sa fabrication. C'est à dire qu'on ne cherche pas tant l'humus que les champignons ainsi que le groullis de bestioles qui fabriquent cet humus.
Tout ça c'est vachement bien, mais comment qu'on fait?
On incorpore à la terre sur 10cm de profondeur, vers septembre le broya de rameaux issu de feuillus, qu'idéalement on fait sur le moment avec des résidus de taille. Le déficit d'azote tant redouté aura alors lieu vers décembre/janvier, c'est à dire en plein hiver.
Bon, maintenant si on a pas le broya disponible en septembre sous la main, on le composte en attendant septembre et on l'utilise à ce moment là, ce qui n'empêche pas de l'utiliser en paillage.
Certains utilisateurs préconisent d'épandre une couche de 3cm en automne sans l'incorporer, et de rajouter une couche de paillage au printemps.
Une fois l'incorporation(ou le simple épandage sans incorporation selon les pratiques de chacun) effectuée, on touche plus à rien (ni béchage-labourage-binage), et on laisse les micro organismes se développer tranquilles. Au printemps on plante, et on rajoute du BRF(pas composté celui là) en paillage.
Le cas des plantes en pots
Au moment du rempotage (en fin d’hiver/début de printemps) j'ai incorporé 50% de BRF composté à grosse granulométrie obtenu par tamisage à mon substrat de culture composé pour l'autre moitié de pouzzolane et de terreau mélangé à du BRF de petite granulométrie. Grosso modo, ça revient à planter dans un substrat composé pour moitié de bois broyé. Résultats étonnants, les plantes rempotées de cette manière pousse nettement plus vite que les autres rempotées autrement. Détail marrant: une odeur caractéristique de sous bois se dégage des pots et des vers de terre ont colonisé les pots(D'ou ils sortent? Aucune idée) ce qui n'est pas le cas dans les plantes rempotées dans un substrat classique.
edit: un forum dédié uniquement à ce sujet: http://www.info-brf.com/forum/
edit2:Après la lecture de nombreuses études, docs et retour d'expérience, je soupçonne que j'ai eu la main un peu lourde pour les pots, et 20% de BRF semble suffisants, extrapolation qui vient des 120 mètres cubes à l'hectare qui sont préconisés au maximum en moyenne, ce qui donne une couche de 1,2 cm sur le sol à incorporer à une profondeur de 5cm de terre(Ok si on veut respecter une certaine logique, ça fait 24% pour les plantes en pots, donc deux grosses poignées de bois fragmentés pour 8 poignées d'autres substrats). C'est l'équivalent d'une sur fertilisation, mais vu que la diffusion est lente, ça pose pas vraiment de problème dans les pots. Par contre en pleine terre le fertilisant en excès va dans les nappes qu'il soit d'origine organique ou minérale, donc mieux vaudrait se limiter à  la proportion de 120m3/ha.
« Modifié: 25 juin 2011 à 00:34:10 par mrmagoo »
Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

08 mars 2014 à 12:02:41
Réponse #7

dkjm


Bonjour,


Je sais pas si je suis au bon endroit, mais bon,


J'ai réussi à récupérer beaucoup de sciure/copeau de bois de chauffage non traité (feuillu uniquement donc.), et j'ai décidé de l'utiliser pour pailler mon potager. Pour ce faire, j'ai mis en place une couche de journal (1 feuille de large) avec des pages imprimées en noir et blanc, un peu d'engrais azoté bio (des petites billes de fumier seché et compressé, c'est en attendant de récupérer du fumier d'écurie) et une couche d'à peu près 2 cm de haut de sciure/copeaux.


J'aurais plusieurs questions pour ceux qui s'y connaitraient un peu :
1) J'ai lu que la création d'un tel paillage (très carboné) pouvait provoquer une faim d'azote, c'est pour ça que j'ai mis un peu d'engrais azoté (je l'ai simplement mis par dessus les copeaux), si oui, comment y remédier ?
2) La couche de journal est-elle vraiment utile ? Je me suis dis que ça permettrait d'éviter justement cette faim d'azote en séparant les copeaux du sol, mais finalement est-ce que ça ne va pas plutôt ralentir le processus de décomposition du bois ?
3) Dois je remettre une petite couche de terre forestière par dessus ?
4) Est-ce que je dois incorporer un peu de ces copeaux au sol pour l'enrichir ou bien c'est une mauvaise idée ?
5) Est-ce que je pourrais mettre la récupération des tontes de mon gazon par dessus tout ça ?

Je me suis inspiré pour faire ce paillage d'une vidéo que j'ai vu, et que je recommande :
http://www.youtube.com/watch?v=K7wbDr_P8NU

Merci d'avance en tout cas :)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité