Grizzli's House



02.10.08

14:56:50 Permalink Wendigo   French (FR)

Catégories: Rêverie futile d'un animal bizarre, 1175 mots

Le wendigo, c'est un esprit mangeur d'hommes. Il habite les hommes, et il les transforme.

Maintenant, il y en a partout, dans le monde entier. Ils rôdent sur des distances incroyables à travers la forêt, à travers les montagnes, à travers les plaines. Ils cherchent des villages ou des campements. Ils peuvent se nourrir de gibier ou de plantes, comme nous, mais la seule chose qui puisse calmer leur faim, c'est de la chair humaine.

On sait comment les Wendigos naissent. Les Wendigos, avant d'être des Wendigos, sont des hommes. Parfois ce sont des femmes, mais c'est rare. Sous leur apparence normale, ils sont grands comme des grizzlis. Ce sont des géants. Leur peau est jaune, ou parfois blanche. Leurs dents sont longues, et leur langue aussi. Souvent, ils sont très poilus. Ils ont des poils noirs et gris partout sur le visage. Et ils ont toujours faim. Ils ont tellement faim, ils ont tellement besoin de chair humaine qu'ils passent leur temps à chercher des gens pour les manger. Ils ne peuvent plus rien faire d'autre. Ça les rend complètement fous. Ils peuvent manger n'importe quoi d'autre, ça ne leur enlève pas leur faim. Il n'y a que la chair humaine qui puisse les rassasier.

Ils peuvent prendre forme humaine. Ça leur permet de gagner la confiance des gens. Ils arrivent dans un village, comme n'importe quel inconnu, et ils demandent à manger. Ils mangent beaucoup, sans pouvoir s'arrêter... Ils dévorent tout ce qu'on leur donne, et ils en demandent encore. Et quand la nuit arrive, ils mangent encore. Ils ont encore faim. Toujours plus. Et quand tout le monde dort, ils redeviennent Wendigo, et ils tuent quelqu'un pour le manger. Le matin, on se lève et il manque quelqu'un, et le Wendigo est là. Il dort, le ventre plein. Enfin calmé.

Le matin, ils ne mangent pas, ou pas beaucoup. Après avoir mangé quelqu'un, ils restent rassasiés quelques temps. Parfois deux jours ou trois jours. Après ce temps là, ils se remettent à manger beaucoup. Ils mangent, ils mangent... Et pendant la nuit suivante, une autre personne disparaît. C'est comme ça qu'on sait.

Plus il mange de chair humaine, et plus le Wendigo devient fort. Il vole la force des gens qu'il mange. S'il mange un enfant, il gagne un peu de force, mais pas beaucoup. Mais s'il mange un guerrier ou un bon chasseur, il devient extrêmement fort et agile. Les anciens racontent que certains Wendigos deviennent tellement forts qu'ils peuvent lancer des rochers, ou sauter par dessus des petites collines d'un seul bond. Tant qu'ils mangent de la chair humaine régulièrement, ils ne meurent pas. Ils ne sont jamais malades, et jamais fatigués. Et la faim les rend méchants.

Le premier Wendigo qui est apparu était un chasseur qui avait passé un hiver très dur, dans la forêt, avec sa femme, ses enfants et son frère. À la fin de l'hiver, vers la lune de février, le gibier avait disparu. Il faisait trop froid. Ils n'avaient rien mangé depuis des jours et des jours.

L'homme était à la chasse avec son frère, et son frère est tombé. Il s'est cassé une jambe. Au lieu de l'aider, une idée bizarre lui est venue en tête. Il avait tellement faim... Il a hésité un moment, et finalement il a sorti son couteau, et il a tranché la gorge de son frère, qui le regardait avec de grands yeux incrédules. Il s'en est voulu, au début, mais après quelques bouchées, sa culpabilité a disparu, et il a mangé toute une cuisse.

Le soir, il est rentré au tipi avec un air triste, et sans gibier, comme d'habitude. Mais sans son frère. Il a dit à sa femme que son frère avait traversé la glace, sur une rivière, et qu'il avait disparu. Il n'avait pas réussi à retrouver son corps. Sa femme a pleuré, et ses enfants aussi, mais lui non.

Pendant la nuit, le chasseur a senti une force magique envahir son corps. Il ne s'était jamais senti aussi fort de toute sa vie. Et deux jours après, il a recommencé a avoir faim. Il est sorti du tipi, comme chaque jour, en disant à sa femme qu'il allait à la chasse, mais en fait il ne pensait qu'à une chose : aller finir de manger son frère. Et quand il l'a eu fini, il se sentait encore plus fort. Ses yeux voyaient mieux. Ses oreilles entendaient mieux. Son nez sentait mieux. Grâce à ça, il a senti un chevreuil qui dormait, très loin vers le sud. Il a suivi l'odeur, il a tué le chevreuil, et il l'a ramené tout entier à sa femme et à ses enfants. Ils étaient contents. Ils ont beaucoup mangé. Et le chasseur, lui, restait là à les regarder.

Sa femme lui disait « ça fait deux semaines que t'as rien mangé, tu ne veux pas de chevreuil ? »... Et lui il répondait « Non, non... C'est pour vous que je l'ai ramené... Mangez encore. Prenez des forces, vous êtes trop maigres... ». Et il les regardait.

Le lendemain, il est reparti à la chasse, et il a ramené encore des chevreuils. Trois chevreuils. Et il n'y a pas touché non plus. Et quand sa femme et ses enfants s'arrêtaient de manger, il leur disait de continuer encore... Tant qu'ils mangeaient, il ne disait pas un mot.

Le troisième jour, il est revenu encore de la chasse avec deux gros chevreuils. Il en a mangé un à lui tout seul, et il a forcé ses enfants et sa femme à manger l'autre au complet. Et pendant la nuit, il avait encore faim... alors il s'est levé avec son couteau, et il a mangé son plus jeune fils. Il avait encore faim, alors il a mangé sa fille, la plus vieille. Et là, il avait encore faim, alors il a tué sa femme, et il l'a mangée aussi. Après ça, il était tout seul.

Ça a calmé sa faim pendant trois jours. Mais après, ça a recommencé. Et il est parti vers le sud pour essayer de trouver quelqu'un d'autre... Lui, c'était le premier. C'était au début du monde. On a oublié son nom, mais on sait qu'il vit encore.

Il n'existe qu'une seule façon de tuer un Wendigo. Les haches ne peuvent rien contre lui. Les balles ne peuvent rien contre lui. La haine ne lui fait rien. Et même si on le vide de son sang il renait le lendemain. Certains ont voulu essayer la décapitation, ou les pieux dans le coeur. Mais personne n'a jamais plus entendu parler d'eux. Mais il existe une façon de les tuer. Ou plus exactement de les SOIGNER. Il faut que quelqu'un se donne volontairement à eux. Qu'ils s'offrent à lui, et qu'ils se laissent dévorer.

La seule chose qui tue l'esprit dévoreur du Wendigo, c'est la générosité.

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23.09.08

12:43:01 Permalink Et la tendresse, bordel ?!!   French (FR)

Catégories: Rêverie futile d'un animal bizarre, 401 mots

On parle sans arrêt de survie, de bastons, de prévention, de risque, de lames, de matériel, de techniques pour ne pas mourir... On analyse, on comprend, on fait le tour de la question, on s'entraîne. C'est utile. C'est bien. Mais je me rends compte d'une chose grave. Il y a un risque énorme de déséquilibre, là-dedans.

Quand j'étais à Gaspé, je m'entraînais avec un gars qui faisait du Wu Shu. Un ancien taulard qui n'avait rien d'un enfant de choeur, et qui pourtant faisait vraiment du bien aux gens autour de lui. Il m'a raconté un jour qu'il avait vu une guérisseuse qui l'avait mis en garde contre le fait qu'il était en train de trop se durcir, à force de s'entraîner. Qu'il devait trouver le moyen de devenir moins dur, sinon il allait mourir trop jeune. Et en le faisant il a découvert toute une partie "complémentaire" à son art martial. Une partie douce et cool, qui lui a ouvert les yeux sur toute une partie de la réalité qu'il n'avait jamais vue jusque là. Ou alors qu'il avait oubliée pendant trop longtemps.

Ce même genre de problème risque d'arriver quand on baigne trop dans le "moule" de la survie, ou de la self-protection. Même si on ne perçoit pas la nature comme un lieu hostile, on oublie par moments de la voir. Tout court. On oublie les aspects plus sereins, plus enracinés, plus subtils. A force de trop vouloir survivre on oublie parfois de vivre. De sentir les choses. De se ressourcer. De se poser et de contempler. De s'amuser. De se faire plaisir.

Il y a un temps pour inspirer, et il y a un temps pour expirer. Il y a un temps pour se renforcer, mais il y a aussi un temps pour être sensible. C'est bien de savoir maîtriser le risque, mais de temps en temps il faut aussi savoir apprécier la sécurité ! Sinon on devient vite con et fatigué... et trop dur, et mort.

Voici une tentative maladroite de faire autre chose que tu purement fonctionnel, juste pour le plaisir. C'est vraiment con et pas si joli que ça, mais ça fait beaucoup de bien. Juste de le faire, juste de se poser pour faire un truc complètement inutile parce qu'on en a envie ;)

Abo-Shovel...  l'outil rééquilibré !

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19.09.08

16:24:08 Permalink S'organiser sans se faire chier, possible ?   French (FR)

Catégories: Rêverie futile d'un animal bizarre, 276 mots

Après m'avoir décoincé la cage thoracique (une côte de bloquée, c'est pour ça que j'avais mal au sternum quand je faisais des pompes), mon osthéopathe adorée (http://michellephilippe.com -- une pure magicienne cette femme !!!) m'a annoncé que j'avais les surrénales à plat, que ma thyroïde faisait de son mieux pour prendre le relais, et que c'était pas bon. Du tout. Elle m'a rééquilibré un peu tout ça, repompé un peu mes surrénales et effectivement outre l'effet "serpillère" post-osthéo qui est normal, je me sens mieux. Mais elle m'a dit clairement que j'avais intérêt à trouver ce qui me pompait mon énergie comme ça -- comme si je le savais pas :D -- et que je devais trouver le moyen de de me recharger sinon j'allais très vite me mettre très mal.

Depuis 6 mois, tout le monde me dit de faire gaffe à moi, de me garder un peu du temps, de me reposer, de me calmer un peu de temps en temps... je pense bien, malheureusement, que c'est bientôt ce que je vais devoir faire, sinon je vais me prendre un grand coup de plancher dans la gueule.

Et ça, ben ça s'organise.

Et là je me rends compte que j'ai HORREUR de m'organiser. J'aime pas bosser autrement que dans la spontanéité. Autrement dit, en suivant mon envie : TOUT LE TEMPS ET A FOND !!!

Va peut-être falloir que j'apprenne...

En tout cas, si vous avez des conseils, je suis preneur. Comment vous faites, vous, pour vous organiser et bien gérer votre temps sans mourir d'ennui ?

Ciao ;)

David

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12.09.08

23:04:50 Permalink Un petit coup de nombrilisme pour mettre les choses au clair...   French (FR)

Catégories: Rêverie futile d'un animal bizarre, 1181 mots

Depuis peu, et de plus en plus souvent, j'ai des échos bizarres, des mecs me posent des questions par mail ou en stage, me demandent si j'ai fait partie des forces spéciales, s'il m'arrive de bosser pour la DGSE, si j'entraîne aussi les militaires, si ceci, si cela. Plusieurs petits mythes commencent ainsi à circuler sur mon compte. Aussi je souhaiterais tout de suite couper l'herbe sous le pied à certains délires, par souci de vérité, et pour éviter qu'on me reproche ensuite d'être un mytho qui se fait passer pour un [insérer ici un truc bien cool].

Je ne sais pas toujours trop qui est David Manise, mais je peux déjà vous dire ce que je ne suis pas.

1 - Le passé militaire, les forces spéciales, et tout le bordel : Ca c'est le truc que j'entends le plus souvent. Plusieurs personnes, apparemment, pensent que je fais ou que j'ai fait partie des forces spéciales canadiennes. C'EST PAS VRAI. D'ailleurs au temps où j'étais là-bas, il n'y avait même pas de forces spéciales au Québec. Pire que ça, je n'ai jamais été incorporé dans l'armée. J'ai eu, pendant un temps au Québec, des potes militaires avec qui on s'est tapé quelques délires, et à qui j'ai montré deux ou trois petits trucs à moi. Et c'est tout. Comme la survie est un domaine qui est utile NOTAMMENT (et pas seulement) aux militaires, il m'arrive depuis quelques temps de donner des stages à des militaires qui viennent me voir à titre personnel, sur leurs fonds propres. Et c'est tout. Je n'ai jamais été dans les forces spéciales. Je n'ai jamais été lié par contrat à une armée, ni en France, ni en Belgique, ni au Canada.

2 - Les services secrets, le renseignement et tout : je ne suis pas un agent secret, je ne bosse pas dans le renseignement, et je ne l'ai jamais fait. Faut arrêter de délirer les mecs. Je suis un civil ordinaire.

3 - Les sociétés militaires privées : je ne bosse ni pour blackwater, ni pour secopex, ni pour aucune structure plus petite de cet ordre. Je ne suis pas un "contractor" ni on formateur de contractor.

Voilà. Comme ça c'est clair ;)

Où et comment est-ce que j'ai été formé, du coup ?

J'ai grandi au fin fond du Québec, près d'une rivière à saumon magnifique et dans la forêt. Nos jeux, quand on était gamins, c'était de faire du feu, construire des abris, couper du bois, pister, goûter des plantes, chasser les écureuils, traverser les bras de rivière pour aller voir de l'autre côté, de dormir dehors sous nos ponchos, nos machettes serrées contre nous parce que nous avions peur des ours :) -- Bref je suis tombé dedans quand j'était petit. Je me marre quand des gens me demandent "quand j'ai appris" un truc. Je réponds parfois par une question simple "et toi, t'as appris quand à faire la vaisselle ?"... Il me semble que j'ai toujours su faire. Evidemment, depuis 2003, moment où j'ai décidé de partager mes connaissances sur la vie sauvage et la survie, j'ai énormément lu et je me suis énormément documenté, de manière à compléter mes connaissances "de terrain" par de solides bases scientifiques, pédagogiques et techniques. Depuis près de trois ans maintenant, grâce à l'aide de Philippe Perotti notamment, j'ai énormément structuré mes cours, et j'ai découvert une forme de pédagogie très épurée qui est à la fois extrêmement efficace et très satisfaisante intellectuellement. C'est donc depuis 2003 que mon approche de la survie a le plus pris forme, mais ça a toujours été en moi, et je pense que ça ne me quittera jamais.

Et la self-défense, là-dedans ? Je tiens ça d'où ?

J'ai commencé les arts martiaux traditionnels pendant mon enfance. Et j'ai commencé à travailler comme videur dans les bars avant même d'avoir eu l'âge légal d'y entrer (16 ans). J'étais déjà et je suis toujours assez costaud pour le job. Mais j'avoue qu'au début j'en ai bien chié. Et j'ai appris sur le tas à faire la différence entre les choses qui fonctionnent au dojo pour marquer des points, et les trucs qui nous sauvent la vie contre des gens plus forts, plus agressifs, plus violents, mieux armés. J'ai ainsi été videur en pointillés, et dans divers bars plus ou moins glauques, pendant près de neuf ans, jusqu'à la fin de mes études universitaires en 2000. J'en ai surtout tiré, à part quelques séquelles et quelques cicatrices, un profond amour pour le dialogue, la non-violence et la paix. J'ai appris à désamorcer. J'ai appris à sourire calmement sans pour autant baisser ma garde. J'ai aussi appris que parfois la seule façon d'en sortir sans bobo est de cogner le premier. En 2005, j'ai eu la chance de rencontrer Jean-Pierre Baron, Patrick Vincent, et un volatile très dense nommé Fred Perrin. Grâce à eux, j'ai pu découvrir toute une autre dimension à la self-défense. Ils m'ont ouvert des portes insoupçonnées, et grâce à eux mon parcours de combattant, que je croyais relativement achevé, s'est ouvert sur des dimensions nouvelles. Et je creuse, je creuse, je creuse. Mes recherches sont nourries, aussi, par des gens qui apportent énormément sans trop compter, comme Serge (bald, clumsy, but certainly no fool), comme Rich Dimitri, comme Sielwolf, comme Rod, comme Eric L, et Eric L, y'a deux Erics L, c'est pas une coquille... Merci à vous tous, les gars. Une nouvelle quête s'est engagée, parallèlement à ma recherche permanente dans le domaine de la survie nature.

Pour certaines personnes qui aiment bien les catégories bien nettes et les choses bien à leur place, ces deux "branches" de mon activité sont contradictoires. Mais elles ne le sont pas. La survie, c'est de savoir prévenir et faire face aux situations menaçantes diverses et variées. Les agressions physiques sont aussi des situations menaçantes, au même titre qu'une nuit froide ou qu'un manque d'eau.

Encore une troisième branche se dessine actuellement dans mon enseignement : le secourisme, que nous avons tendance à beaucoup trop négliger. J'ai recommencé depuis quelques mois à faire des postes de secours avec l'antenne locale de la CRF. J'avais déjà été secouriste bénévole au Québec, et je retrouve avec une joie non dissimulée les mêmes problèmes ici que là-bas : les bénévoles qu'on ne voit jamais, les équipes qui manquent de moyens... mais ce sont de beaux défis. Je repasse en ce moment les diverses formations (puisqu'il n'y a pas d'équivalences avec le Québec), pour devenir formateur en secourisme... ce qui fera une troisième branche à mon bordel.

Voilà.

Désolé pour le trip d'égo... mais je sentais qu'il devenait important de mettre certaines choses au clair sur moi, et sur mon background.

Gardez le sourire (et faites des pompes ;))...

David

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08.07.08

22:49:37 Permalink Pourquoi l'écologie ?   French (FR)

Catégories: Rêverie futile d'un animal bizarre, 1413 mots

De plus en plus de gens, sur mon forum, se permettent de faire des petites réflexions sur "les écolos". Ca a tendance à m'énerver prodigieusement. Non seulement, pour le principe, de mettre toutes les personnes ayant une sensibilité écologique dans le même panier est d'une mauvaise foi abyssale, mais en plus le ton méprisant et le sous-entendu péjoratif me donne carrément des envies de meurtre.

Alors au lieu de faire du mal à des gens... je vais essayer d'expliquer calmement pourquoi c'est important, et aussi, voire surtout, ce que l'écologie n'est pas, et ne devrait surtout pas être.

L'écologie n'est ni un dogme ni une religion. Bien que pas mal de connards finis, de peaumés et de gourous intersidéraux participent au mouvement écologiste, 99% des "écolos" sont des gens parfaitement équilibrés, critiques par rapport à l'écologie elle-même, et conscients du fait qu'il ne faut pas que ça devienne la nouvelle forme de connerie à la mode.

L'écologie n'est pas forcément de gauche. Même s'il y a clairement des corrélations entre le vote écolo et le vote de gauche, il y aussi des écolos de droite, notamment chez les chasseurs et chez les catholiques pratiquants. Eh ouais, on peut être écolo ET chasseur. D'ailleurs je pense que les chasseurs (pas les connards qui chassent, les chasseurs) sont souvent bien davantage en mesure de comprendre les équilibres subtils entre les différentes espèces, les rapports de prédation, et de ressentir profondément leur appartenance à l'écosystème.

L'écologie ne renie pas le progrès. Bien au contraire. L'écologie est juste l'étape d'après. La technologie nous a sorti de la merde... maintenant il faut juste rendre la technologie propre pour ne pas se retrouver dans une autre merde. D'ailleurs les plus grandes innovations, dans tous les secteurs, aujourd'hui, se font autour de l'économie ou de la production d'énergie, des modes de production propres, du recyclage, etc.

L'écologie n'est pas une idéologie, c'est une science. Eh oui. L'écologisme existe. L'écologisme est l'idéologie qui prône avec ferveur la mise en application de préceptes dogmatiques (et bien souvent en contradiction avec l'écologie) liés à l'environnement, et à tout un tas de clichés débiles qui vont avec. L'écologie c'est autre chose... l'écologie est plus efficace et plus intelligente, et moins contraignante que l'idéologie "écologisme".

L'écologie n'est pas alarmiste. Eh non. On ne noircit pas le tableau pour vous faire peur. On va droit dans le mur pour de vrai, et si on continue à produire, polluer et déforester à ce rythme là, d'ici quelques décennies nous atteindrons réellement les limites des capacités d'adaptation de l'écosystème. Il est résilient, il est vaste, il est robuste, mais même lui a ses limites. Personne ne sait avec certitude ce qui se produira dans les 50 prochaines années. Il est possible qu'il ne se passe rien de spectaculaire. Il est possible que des effets de seuil spectaculaires entraînent des changements brutaux dans nos conditions de vie. Personne n'en sait rien. Tout ce qu'on sait, c'est ce qu'on observe aujourd'hui, et depuis des décennies : notre activité effrénée est en train de transformer l'écosystème. Vraiment.

Bon. On sait ce que ça n'est pas... mais l'écologie c'est quoi ?

L'écologie, à la base, c'est la science de l'écosystème. C'est une science, ou plutôt un domaine de recherche pluridisciplinaire, qui étudie les relations entre les diverses espèces, et leur environnement... Elle s'évertue à comprendre comment telle espèce influe sur telle autre, comment les intéractions entre les diverses parties du système font que la vie est possible. Et par extension, l'écologie étudie aussi les effets des déchets, rejets, et autres extrants de l'activité humaine sur les autres espèces.

En étudiant les rapports d'interdépendance entre les espèces, l'écologie a vite compris que nous, les humains, sommes dépendants, pour survivre, de l'écosystème dans son ensemble... qui ne fait pas que nous nourrir, mais qui régule aussi la température de l'air, le rayonnement solaire qui nous atteint, le niveau des océans, ou la capacité des espèces à tolérer le changement. Comme tout système complexe et robuste, l'écosystème change et s'adapte en permanence, et même si nous poussons le bouchon vraiment très loin, il est fort probable que l'écosystème s'adaptera. Mais cette adaptation ne se fera certainement pas sans changements majeurs, sans soubresauts... les pluviométries sont déjà en train de se modifier. Les tempêtes se font plus fréquentes et plus violentes. Les déserts migrent. Les zones humides se déplacent. Vite. Tous ces changements ont des effets réels sur les populations humaines. Notre environnement changeant vite, nous devons nous adapter... ou mourir.

Nous avons la possibilité de redresser collectivement la barre et de faire en sorte que l'écosystème cesse l'accélération dans ses modifications, qu'il se stabilise éventuellement, et que nous puissions enfin trouver un équilibre qui préserve à la fois l'humanité et toutes les autres espèces.

Comment faire ?

Concrètement :

Allez ciao ;)

David

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